2018 s’est refermée laissant place à une nouvelle année, pas une rupture, juste le temps qui passe.
2018 aura été vive, dynamique, active et somme toute passionnante !
Je pourrais aisément revenir sur tout ce qui a été fait au parlement, de la loi « confiance » de janvier aux « mesures d’urgences économiques et sociales » de décembre en passant par la loi Agriculture, la loi Logement, celle portant sur l’Avenir Professionnel ou encore la Lutte contre la Fraude, pour n’en citer que quelques-unes.
Je pourrais revenir aussi sur les attaques terroristes à Trèbes, Paris, Strasbourg, sur la sécheresse qui a si durement touché notre territoire Haut-Viennois.
Enfin, je pourrais évoquer le mouvement de contestation dit des « Gilets Jaunes » qui a mobilisé certains de nos concitoyens.
Je ne veux ignorer aucun des sujets cités ci-dessus, ainsi que tous ceux que je n’ai pas listé afin de nous épargner une liste à la Prévert.
Toutefois, c’est de mes questionnements et de mes espoirs pour 2019 dont je voudrais aujourd’hui faire état.
Une ombre plane au-dessus de nos tête, l’ombre de la division, de la fracture profonde. De cette division qui nourrit les haines, les rancœurs, susceptible de conduire aux plus grands excès voire aux extrémismes.

Quel choc et quelle indignation pour moi, arrière-petite-fille d’un disparu de Verdun, petite-fille de résistant, de voir l’Arc de Triomphe protecteur de la tombe du soldat inconnu, symbole de notre nation, défiguré, saccagé.
Quel choc et quelle indignation de voir des espaces publics, des commerces, des biens privés, saccagés, vandalisés.
Quel choc et quelle indignation à la vue de ces messages d’insultes et de menaces adressés à nombre d’élus, de journalistes, de citoyens engagés.
Quelle sidération face à cette violence qui n’a d’autre objet que de mettre à mal nos valeurs républicaines et démocratiques.
Quelle sidération de n’entendre que les voix de ceux qui hurlent, éructent, vilipendent, jusqu’à couvrir les voix de celles et ceux dont les revendications sont légitimes, dont les avis sont différents des leurs.
Quelle sidération face à certaines réactions complaisantes devant cette violence.
Quelle sidération de voir que si peu d’entre nous s’insurgent, osent s’insurger, contre ces méthodes, ces propos.
Aucun désaccord, aucune divergence d’opinion ne peut justifier tout ceci.
Les réseaux sociaux devaient nous rapprocher, force est de constater qu’ils sont devenus le lieu où se déversent torrents de fake-news, de haine, de violence, propagés bien souvent par des « téméraires » cachés derrière leur pseudo et leur clavier. Je sais bien que « plus c’est gros, plus ça passe », toutefois j’en appelle à la responsabilité et au bon sens de chacun, sachons faire preuve d’esprit critique, de recul et de modération.
En ce début d’année, je vous l’assure, mon engagement et ma détermination sont intacts. Je ne me laisse pas impressionner par ces hurlements, ces vociférations, ces insultes et ces menaces.
Néanmoins, collectivement, nous devons nous mobiliser.

Nos idées, nos opinions sont parfois différentes : tant mieux !
Nous n’en serons ainsi que plus forts et nous pourrons proposer plus et mieux.
Confrontons nos idées, échangeons dans l’écoute et la bienveillance. Trouvons ensemble des solutions nouvelles en acceptant tout l’art du compromis, et aussi qu’il sera toujours illusoire de faire l’unanimité.
Acceptons de nous écouter, de nous entendre, avec nos spécificités, nos différences.
C’est en ce sens que le Grand Débat National a été annoncé par le Président de la République.
Aussi en ce début d’année, je forme le vœu que tous les tenants d’une France belle, forte, apaisée, aux multiples visages, se mobilisent.
Il me semble important que chacune et chacun prenne part au débat, à la vie démocratique en faisant entendre sa voix, en proposant, en s’engageant aussi.
L’engagement prend de multiples formes qu’il soit associatif, politique, professionnel, individuel ou collectif, temporaire ou permanent. Parce que notre bien commun, qui est la nation France ne peut être la somme des intérêts individuels mais bien l’expression apaisée et respectueuse de notre diversité.
Je forme le vœu que chacune et chacun trouve sa place dans notre société, et pas seulement par le biais de son emploi ou de son engagement, parce que ce dernier confèrerait une position sociale, mais bien parce que chacune et chacun peut faire entendre sa voix et saura qu’elle est prise en considération.
Je forme le vœu que nous retrouvions de la sérénité, et, collectivement, du bon sens, de la tolérance et de la bienveillance.
Pour ma part, en tant que députée, et comme je le fais depuis le début de mon mandat, je suis à votre écoute, à l’écoute de tous, dans le respect des opinions de chacun.

Vous souhaitant une belle année 2019, lumineuse, constructive et apaisée.

Sophie Beaudouin-Hubière