👉 Ma question au gouvernement sur la nécessité de lutter contre la désertification bancaire :

« Mesdames et Messieurs les députés,

Madame la Secrétaire d’Etat,

Inexorablement la fin des paiements en espèces se profile. Nombre d’entre nous utilisent ainsi régulièrement leur smartphone, leur montre connectée pour régler leurs achats du quotidien. Ce changement des comportements conduit à la baisse des points d’accès à l’argent liquide en France.

Cette évolution, logique et implacable, est pourtant un nouvel élément du sentiment de relégation dont souffrent trop souvent nos territoires ruraux, nos zones enclavées déjà confrontées à la fracture numérique. Au manque de transports en commun, de services publics, et à la désertification médicale vient s’ajouter un nouveau phénomène, celui de la désertification bancaire.

Le ressenti de nos concitoyens des territoires ruraux est sans appel. Les habitants constatent et subissent la disparition progressive des DAB dans leurs communes, et sont parfois obligés de faire jusqu’à 30 km pour retirer de l’argent. La présence d’un distributeur conditionnant bien souvent la survie d’une économie de proximité, les commerçants de nos villages voient leur chiffre d’affaire se contracter. Pour ces derniers, le sujet ne se limite d’ailleurs pas à ces seuls distributeurs. Comment faire en effet, alors que pour des raisons évidentes de sécurité ils ne souhaitent pas conserver de trop forte sommes dans leurs caisses, quand les agences bancaires et leurs dépôts commerçants se sont éloignés, ont disparu.

Je suis bien consciente que la présence de DAB sur le territoire n’est pas régie par des obligations de services publics.

Je sais aussi l’attention du gouvernement quant à l’évolution du secteur de la BDD.

Toutefois les solutions apportées aujourd’hui, et notamment les points de contacts proposés par La Poste, ne sont pas suffisantes. Et alors même que des élus locaux se mobilisent parfois pour prendre en charge une partie du coût d’un distributeur pour préserver tant bien que mal l’attractivité de leur commune.

De nouvelles pistes méritent d’être étudiées plus en détail et expérimentées dans les territoires ruraux, des solutions doivent être proposées aux maires souhaitant s’engager pour maintenir un point d’accès à l’argent liquide dans leur commune.

Face à cette situation pourriez-vous nous faire connaître les mesures envisagées par le gouvernement pour préserver l’accès à l’argent liquide dans les territoires ? »

 

 

👉 Réponse de la Secrétaire d’Etat :

 

« Mesdames et Messieurs les députés,

Madame la Députée Sophie BEAUDOUIN-HUBIERE,

D’abord je veux vous faire part de mon soutien suite aux évènements auxquels vous avez eu à faire face dans votre permanence et je veux vous dire que vous pouvez compter sur tout le soutien du gouvernement compte-tenu de ces évènements.

La question que vous posez est celle de la gestion et de la distribution de l’accès au cash sur nos territoires. Comme vous le savez, les distributeurs de billets sont une des composantes et nous nous étions engagés au niveau du gouvernement à faire toute la lumière sur cette réalité. Nous allons publier dans les prochains jours la réalité de ces accès avec une cartographie qui montre qu’avec 53 000 distributeurs automatiques de billets et 23 000 points de distribution d’espèces, 98,9% de la population qui réside, soit dans une commune équipée soit à moins d’un quart d’heure en voiture d’un distributeur de billets. Est-ce que c’est suffisant? Certainement pas. Est-ce que c’est mieux que la moyenne européenne? Oui, c’est le cas, nous sommes plutôt mieux équipés avec 833 distributeurs pour 1 million d’habitants contre 790 en Europe. Mais nous devons aller plus loin car le sujet c’est la gestion du cash à un moment où les cartes de paiement conduisent à dématérialiser les paiements. C’est également une bonne solution en ce que cela permet aux personnes handicapées et aux personnes âgées de ne pas avoir à se déplacer pour aller chercher de l’argent liquide et de pouvoir payer chez leurs commerçants de proximité. Mais il faut accompagner ça en s’assurant que l’on dispose de multiples points sur le territoire, qu’il s’agisse de La Poste, des points verts du Crédit Agricole, de nouvelles technologies ou du « cash back ». Il faut s’assurer qu’au plus près des territoires, les plus vulnérables disposent de cet accès.

C’est ce que nous allons faire avec votre appui dans cette deuxième phase.

Je vous remercie. »