Le Président du Groupe La République en Marche à l’Assemblée nationale, M. Gilles Le Gendre, a annoncé jeudi 5 décembre ma nomination comme whip de la Commission des Affaires économiques dont j’étais auparavant vice-présidente. Cette fonction est encore peu connue dans le système politique français et appelle donc un éclairage.

Importé du modèle parlementaire anglo-saxon, le « whip » est chargé au sein de la majorité parlementaire de coordonner le travail et l’action de ses collègues. Il assure également la relation entre le gouvernement et sa majorité parlementaire, ce qui n’est pas toujours une mince affaire :

  • Quand les avis divergent entre un ou plusieurs députés et le gouvernement sur l’élaboration d’un projet de loi, le whip facilite le dialogue et œuvre à la recherche d’un consensus ;
  • Dans les cas les plus extrêmes, il rappelle à la discipline majoritaire les collègues qui s’en affranchissent. Le titre de sa fonction – « whip » signifiant fouet en Anglais – prend alors tout son sens mais doit être relativisé : plutôt que la coercition, le whip utilise bien d’avantage la persuasion.

Cette fonction a été popularisée par les séries politiques anglo-saxonnes comme House of Cards mais elle est largement méconnue dans notre pays. C’est en effet La République en Marche, groupe majoritaire à l’Assemblée nationale depuis juin 2017 qui a décidé de l’instaurer. Au sein de chaque commission (Développement durable, Défense, Affaires sociales…), LaREM dispose ainsi d’un whip et j’ai donc l’honneur d’être désormais celle des Affaires économiques. Les whips sont par ailleurs membres de l’Exécutif du groupe LaREM et participent donc à la prise de décisions.

Cette fonction « nouvelle » au Parlement français est tout sauf anodine : grâce au travail de coordination mené par les whips, les « couacs » entre députés de la majorité et le gouvernement sont évités. La recherche du consensus permet également de dépasser les affrontements au sein d’un même groupe politique. Depuis son instauration en 2017, cette fonction a en tout cas fait ses preuves : les querelles entre majorité parlementaire et gouvernement qui avaient abouti à la constitution d’un groupe de « frondeurs » au sein même de la majorité socialiste lors de la précédente législature ont disparu. Le travail parlementaire y a grandement gagné en sérénité et donc en efficacité.