Le projet de loi pour une Ecole de la confiance actuellement débattu au Parlement suscite des inquiétudes chez les organisations syndicales de l’enseignement, qui se sont réunies à Limoges le samedi 30 mars pour protester contre la réforme portée par le ministre Jean-Michel Blanquer.

J’entends les inquiétudes de la communauté enseignante et je tiens à la rassurer, tout en rétablissant la vérité sur certaines dispositions du projet de loi.

👉 Parmi les points les plus critiqués figure la création « d’établissement public des savoirs fondamentaux » (EPSF). Cette disposition répond au besoin d’un meilleur maillage territorial du service public de l’éducation, notamment dans les territoires ruraux. Concrètement, via les regroupements de moyens, la création de ces établissements permettra de sauvegarder des écoles voire des collèges. C’est un élément de réponse au sentiment d’abandon face à la disparition des services publics qui s’est exprimé au cours des derniers mois et c’est donc un véritable progrès. Il convient également de rappeler que les regroupements seront facultatifs et se feront donc au cas par cas selon les besoins du territoire : ils ne seront pas décidés depuis Paris.

👉 Cette réforme marque également un progrès éducatif avec la scolarisation obligatoire dès 3 ans. Contrairement à ce qui est parfois avancé, cet abaissement de l’âge de la scolarisation ne vise pas à favoriser l’enseignement privé et à lui accorder plus des financements publics. Le projet de loi prévoit au contraire en son article 4 que l’Etat attribuera des ressources aux communes qui gèrent les écoles maternelles et qui enregistreraient, durant l’année d’entrée en vigueur de la réforme, une augmentation des dépenses et des inscriptions. L’Etat ne se défausse donc pas de sa responsabilité d’éduquer des citoyens sur le secteur privé.

👉 La formation des futurs enseignants, avec la possibilité donnée aux étudiants en 2ème année de licence de s’approprier progressivement le métier d’enseignant via un contrat de préprofessionnalisation jusqu’à leur concours, fait également débat. Contrairement à ce qui est prétendu, à tort, le projet de loi ne prévoit pas d’utiliser ces étudiants comme professeurs remplaçants « à bas coût ». La loi donne simplement aux étudiants la possibilité de se confronter à leur futur métier : c’est un gage de qualité pour leur formation et une première expérience du terrain très appréciable.

Tout aussi infondée est la critique selon laquelle l’évaluation de la politique éducative passera sous le contrôle du ministre de l’Education nationale. Au sein du Conseil d’évaluation de l’école (CEE) qui remplacera l’actuel Cnesco, les représentants du ministre seront minoritaires et la présence de représentants de l’Assemblée nationale et du Sénat dans la future instance assurera son indépendance vis-à-vis du gouvernement.

Au-delà des critiques, je veux donc rappeler que le projet de loi pour une Ecole de la confiance constitue un véritable progrès pour les élèves comme pour les futurs enseignants et que la création des EPSF est une opportunité pour les territoires les plus ruraux de la Haute-Vienne.

Ce projet de loi s’inscrit dans la politique ambitieuse du gouvernement et de la majorité en matière d’éducation et qui se manifeste concrètement par :

👉 La première place occupée par le Ministère de l’Education nationale dans le projet de loi de finances pour 2019, à 51,7 milliards d’euros, en hausse de 860 millions d’euros par rapport à 2018 ;

👉 Le dédoublement des classes de CP et de CE1 dans les zones d’éducation prioritaire, promesse de campagne d’Emmanuel Macron.

Tout en restant à l’écoute des représentants des enseignants qu’elle rencontre régulièrement en circonscription, je réaffirme donc son soutien à un projet de loi de progrès pour l’école.