Une vidéo de l’association « Tombée du Nid », largement relayée sur Facebook, a prétendu que la légalisation du « DPI-A », une technique qui permet de compter le nombre de chromosomes d’un embryon, allait mener à une « traque » généralisée de la trisomie 21.   ⚠️

D’abord, je précise que contrairement à ce qui est prétendu dans cette vidéo, il n’y a pas de « loi DPI-A ». Il y a une loi bioéthique, qui, en effet, aborde bien la question de la légalisation du DPI-A.

👉 Cette vidéo prétend que la légalisation de la DPI-A est une tentative de « supprimer toute forme d’anomalie » ou de remettre en question la place des personnes trisomiques dans la société. C’est totalement faux.

👉 Il faut garder à l’esprit que concrètement, les femmes ont déjà le choix entre avoir un enfant trisomique ou y renoncer, puisqu’un diagnostic pré-natal permet de détecter la trisomie 21, et que lorsque celle-ci est avérée, la mère peut avoir légalement recours à l’IMG. Ainsi, il est faux de penser que le DPI-A introduirait une possibilité nouvelle, celle de renoncer à une grossesse car l’enfant est trisomique. Non seulement cette possibilité existe déjà, mais de surcroît elle n’a pas produit les effets tant redoutés par les opposants au DPI-A. Aujourd’hui, on identifie approximativement 85% des cas de trisomie avant la naissance et le nombre de grossesses menées à terme malgré un diagnostic de trisomie est stable depuis plusieurs années, avec environ 8 cas pour 10 000 naissances. Concrètement, ce que le DPI-A permettrait, c’est d’éviter qu’un embryon soit implanté pour finalement faire l’objet d’une interruption de grossesse pour motif de trisomie 21.

👉 Je rappelle à ce titre que seules 3% des naissances en France sont le fruit d’une PMA. Le DPI-A ne pouvant être pratiqué que dans ce cas, il ne représenterait qu’un tout petit nombre de grossesses en France chaque année.

Ainsi, le DPI-A pose un problème éthique qui n’est nié par personne, et qui a occasionné de longs débats sur les bancs de l’Assemblée. Ce débat concerne la question du tri a priori des embryons, ce qui, je le conçois, peut poser problème. Mais cette disposition n’a jamais eu pour but d’orchestrer la disparition de la trisomie, ou du handicap, dans notre société.

➡️ La légalisation du DPI-A a finalement été rejetée par les députés et par le gouvernement, qui n’a jamais été en faveur de sa légalisation.