La prise en charge du grand âge et de la dépendance est un enjeu majeur pour notre société alors que l’espérance de vie s’allonge. Si la plupart des Français vieillissent dans de bonnes conditions d’autonomie, 8% des plus de 60 ans et 20 % des plus de 85 ans sont dépendants. Pour ces personnes âgées comme pour leur famille, l’accompagnement voire le placement en structure spécialisée sont souvent des parcours difficiles. Sur le plan émotionnel et affectif bien sûr. Sur le plan financier et logistique également : le coût moyen mensuel d’un hébergement en EHPAD est ainsi de 1.949 euros mais varie selon les régions.

Alors qu’une loi sur le grand âge et l’autonomie est en préparation, je suis, en tant que Députée, à l’écoute des attentes des Français et des professionnels de la santé sur ces questions. C’est donc avec plaisir que, le 26 août dernier, j’ai répondu à l’invitation de la Mutualité Française Limousine à venir visiter l’établissement « Les 5 Sens » qu’elle gère à Limoges-Landouge.

L’établissement, spécialisé dans l’accueil de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, compte 80 places de résidents et 12 places en accueil de jour. Il accueille également une plateforme d’aide et de soutien à destination des proches-aidants

Cet EHPAD fonctionne autour d’une notion-clé : « l’humanitude », qui consiste à respecter le rythme de la personne et ses habitudes. Il s’agit par exemple de ne pas imposer une heure de lever identique à tous les résidents à un lever mais d’adapter cet horaire aux besoin et habitudes de la personne, ou encore de ne pas imposer le petit-déjeuner si le résident n’a pas faim, quitte à lui proposer une collation plus tard.

Alors que la maltraitance – qu’elle soit volontaire ou involontaire – est un risque en EHPAD, j’ai été très sensible à ce concept d’humanitude mis en œuvre aux « 5 Sens ».

Des échanges très riches avec les représentants de la Mutualité Française, les personnels soignants, les familles et l’Association A Dom’Limousin qui vient en aide à domicile aux personnes âgées ont permis d’aborder de manière très concrète les enjeux liés au 4ème âge et à la dépendance. Des axes de travail ont également été identifiés parmi lesquels :

  • La prise en charge plus en amont les personnes âgées représentant un risque de dépendance et la définition d’un parcours de soins : quel est le moment idéal pour la mise en place d’un accompagnement, aussi léger soit-il ? Jusqu’à quand la personne peut-elle rester à domicile ? A quel moment un placement s’avère-t-il nécessaire ?
  • La nécessité de rendre les métiers du grand âge plus attractifs avec notamment une meilleure formation des futurs soignants, la reconnaissance des différents métiers autour du grand âge et la définition de véritables parcours professionnels permettant d’évoluer plus facilement d’un établissement à l’autre dans les différents métiers de la santé ;
  • L’accompagnement des familles et des proches-aidants.

Cette journée particulièrement intéressante alimentera ma réflexion autour de la future loi sur la dépendance.

Une concertation a d’ores et déjà été menée en amont de cette réforme par Dominique Libault.

Sur la base de 140.000 contributions reçues, la mission Libault a remis en mars 2019 un rapport contenant 175 propositions parmi lesquelles le recrutement de 80.000 professionnels supplémentaires, une réduction de 300 euros du reste à charge mensuel pour les résidents gagnant moins de 1.600 euros par mois, ou encore l’indemnisation des proches-aidants. La discussion est ouverte. En tout état de cause, le Gouvernement et sa Majorité parlementaire seront au rendez-vous pour porter cette réforme très attendue des professionnels, des familles, et qui concerne potentiellement chacun d’entre nous.