La Députée Sophie BEAUDOUIN-HUBIERE déplore la dégradation de la façade de l’immeuble abritant sa permanence parlementaire à Limoges.

Le mardi 16 juillet au matin, des affiches et des autocollants ont en effet été découverts sur la façade de la permanence. Ils portent le sigle de la CR 87 et contiennent des slogans hostiles au CETA, accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada qui sera soumis à la ratification de l’Assemblée nationale le 17 juillet prochain.

La Députée regrette cette attitude qui s’affranchit des règles de l’échange et du débat d’idées qui, dans un cadre démocratique, doivent se dérouler de manière apaisée.

L’attitude de la CR 87 est d’autant plus difficilement compréhensible que Mme BEAUDOUIN-HUBIERE s’est toujours montrée ouverte au dialogue à son égard et a systématiquement répondu à ses interpellations. Sur le CETA notamment, elle a répondu par courrier en date du 1er juillet 2019 à une interpellation de sa présidente, Mme Emilie PONS, afin de lui expliquer sa position sur cet accord et les opportunités qu’il constituait à ses yeux pour notre agriculture. Une copie de ce courrier est jointe au présent communiqué.

Mme BEAUDOUIN-HUBIERE regrette par ailleurs que cette action ait été commise sur un immeuble d’habitation.


Copie du courrier envoyé à la CR 87 le 01/07/2019 dans le cadre de la ratification du CETA

Madame Emilie PONS

Présidente de la CR 87

Espace de la Seynie

87500 SAINT-YRIEIX-LA-PERCHE

Limoges, le 1er juillet 2019

Madame la Présidente,

Par courrier en date du 26 juin 2019, vous m’interpelez sur le processus de ratification du CETA et sur ses conséquences potentielles sur l’agriculture française et européenne. Ce traité de libre-échange avec le Canada, mis en œuvre à titre provisoire depuis septembre 2017, sera soumis à la ratification de l’Assemblée nationale le 17 juillet prochain.

J’ai bien noté vos inquiétudes sur les risques que représenterait cet accord sur la filière bovine. Il prévoit en effet que 65.000 tonnes d’équivalent carcasse (tec) puissent être exportées par le Canada sur 6 ans. Cependant, en 2018, les importations de viande bovine résultant du CETA n’ont représenté que 2,5 % des volumes offerts au Canada et seulement 0,1 % de la consommation française. Ces chiffres, rassurants, attestent que l’agriculture européenne est compétitive et que la filière bovine n’a pas eu à souffrir du raz-de-marée annoncé. Notre agriculture a même su tirer parti de cet accord de libre-échange car, à l’inverse, les producteurs européens ont utilisé la quasi-intégralité des volumes de fromages qu’il leur était possible d’exporter vers le Canada en 2018 (9.500 tonnes). Les exportations de produits laitiers vers le Canada ont ainsi augmenté de 19 %.

J’ai bien noté également votre questionnement sur la qualité des contrôles sanitaires, mais nous avons affaire avec le Canada à un pays développé dont les services sanitaires n’ont rien à envier à ceux des pays de l’Union européenne. J’attire par ailleurs votre attention sur le fait que cet accord ne remet pas en cause les règles de l’Union européenne à l’import. Ces règles interdisent notamment les importations de produits nourris aux hormones de croissance, de produits nourris aux farines animales de croissance (sauf pour les ruminants) et de produits traités aux antibiotiques activateurs de croissance (à partir de 2022). En outre, comme pour tout accord commercial, l’UE conserve la possibilité de suspendre unilatéralement ses importations en cas de non-conformité à ses règles. Si l’on exclut les fermes canadiennes produisant de la viande avec hormones de croissance et antibiotiques activateurs de croissance, seules 36 fermes peuvent exporter vers l’UE. Effectuer des contrôles sur ces 36 exploitations est donc aisé, d’autant que les experts de l’UE peuvent se rendre sur place.

Concernant les objectifs de montée en gamme réaffirmés lors des Etats généraux de l’alimentation, je vous confirme enfin que le gouvernement défend dans le cadre de la Nouvelle Politique Agricole Commune un alignement de la politique commerciale sur des standards sociaux, sanitaires et environnementaux élevés. Cela se traduit concrètement par l’inclusion dans le CETA de plusieurs mentions sur l’obligation de respecter l’Accord de Paris sur le climat.

Le CETA me semble donc apporter les garanties nécessaires en termes de qualité des produits. En outre, contrairement aux craintes qui s’étaient exprimées avant sa mise en œuvre, il n’a pas entraîné une submersion du marché français et européen. D’ailleurs, rien n’indique que le Canada souhaite développer une filière de bœuf sans hormones ni antibiotiques activateurs de croissance spécialement dédiée au marché européen. Son modèle à l’export reste principalement orienté vers les Etats-Unis. Il n’y a donc pas de menace pour la filière bovine européenne et notamment limousine.

Dans ces conditions, je ne m’opposerai pas à la ratification de cet accord mais je reste bien entendu à votre disposition pour échanger à ce sujet.

Recevez, Madame la Présidente, l’expression de mes meilleurs sentiments.

Sophie Beaudouin-Hubière